La valorisation d’une entreprise constitue une étape cruciale pour tout entrepreneur, que ce soit dans le contexte d’une reprise d’entreprise ou pour déterminer sa valeur financière. Différentes méthodes, telles que l’approche actuarielle, comparative, ou basée sur les sociétés similaires, fournissent des perspectives différentes. L’objectif final est d’aboutir à une évaluation précise en tenant compte des multiples facettes du patrimoine de l’entreprise.
Comprendre la valorisation
La valorisation d’une entreprise va au-delà d’une simple évaluation financière. Elle implique une analyse minutieuse de chaque élément de l’actif et du passif inscrit au bilan, pour aboutir à un « actif net » corrigé. Cette valeur indique le montant qu’une personne physique ou morale devrait investir pour acquérir l’ensemble du capital.
Elle peut être entreprise à tout moment, que ce soit pour améliorer son fonctionnement interne ou convaincre des investisseurs. Cependant, elle revêt une importance capitale lors de la vente, la cession de parts, la détermination de la valeur fiscale, ou l’acquisition d’une nouvelle entreprise.
Les méthodes d’évaluation
Naviguer parmi les méthodes de valorisation est un exercice subtil, chaque approche apportant une perspective singulière. L’approche actuarielle est une méthodologie visant à estimer les flux de revenus futurs d’une entreprise en tenant compte du risque associé à son actif économique. Elle repose sur l’idée que l’acheteur potentiel s’intéresse davantage aux flux futurs qu’aux flux passés. Cette formule nécessite l’actualisation des flux de trésorerie à un taux appelé taux d’actualisation, qui reflète le mieux le risque de l’entreprise.
Diverses approches actuarielles peuvent être appliquées :
Le modèle Gordon Shapiro propose que le prix d’une action soit la somme des flux futurs, actualisés au taux de rentabilité exigé par les actionnaires, des dividendes que l’entreprise génèrera. Le modèle Bates complète celui Gordon Shapiro en adoptant une idée plus réaliste, prenant en compte les bénéfices futurs et le pay-out ratio. Il permet également de subdiviser la période d’observation totale en sous-périodes pour mieux refléter les fluctuations sur une longue période. Enfin, la méthode d’actualisation des « free cash flows » (DCF) évalue l’entreprise en considérant sa capacité bénéficiaire mesurée par ses flux de trésorerie disponibles. Principalement employée pour les sociétés innovantes, cette méthode offre une vision réaliste du potentiel de création de valeur, car les cash-flows peuvent être réinvestis.
Approche comparative
Cette méthode de valorisation renforce les approches actuarielles en s’appuyant sur des données factuelles et comparables (concurrents, caractéristiques de secteurs) pour accroître la crédibilité des calculs. Elle implique l’analyse d’entreprises similaires en termes de taille, de marché et de risques, de transactions comparables, d’indices de référence tels que le CAC 40 ou Le Nouveau Marché, et d’un secteur d’activité de référence lorsque l’entreprise est représentative du marché.
Méthodes des comparables
L’approche par les sociétés comparables consiste à comparer un ensemble de sociétés similaires (le « peer group ») ou un secteur d’activité pour dégager des ratios et multiples de valorisation, permettant ainsi d’établir une évaluation juste des différentes sociétés.
En utilisant ces mesures (ratios, multiples), les entreprises peuvent calculer des moyennes pour évaluer leur propre valeur. Cette approche est fréquemment utilisée pour les entreprises cotées en raison de la transparence de leurs informations, quoiqu’ elle s’applique aussi aux entreprises non cotées.
La méthode des comparables est prisée pour sa capacité à réagir rapidement aux fluctuations du marché. Cependant, le défi réside dans le choix homogène des critères d’échantillonnage, exigeant que les entreprises sélectionnées soient le plus similaires possible.